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Greta Thunberg

Jul 03, 2026  Twila Rosenbaum 17 views
Greta Thunberg

La militante suédoise Greta Thunberg a été arrêtée ce mardi 23 décembre à Londres lors d'une manifestation organisée en soutien au groupe d'action directe Palestine Action. Selon les associations Defend Our Juries et Prisoners for Palestine, qui ont relayé l'information, la jeune femme de 22 ans tenait une pancarte affichant son soutien aux prisonniers palestiniens détenus par Israël. Cette arrestation intervient dans un contexte de tensions croissantes autour du conflit israélo-palestinien, alors que des flottilles humanitaires tentent de briser le blocus de Gaza et que des voix internationales s'élèvent contre les actions de l'État hébreu.

Un engagement qui dépasse le seul climat

Greta Thunberg, devenue une icône mondiale de la lutte contre le réchauffement climatique après avoir initié les grèves scolaires du vendredi en 2018, a progressivement élargi son activisme à d'autres causes. Depuis 2023, elle participe régulièrement à des actions de soutien aux Palestiniens, ce qui lui a valu des critiques de la part de certains médias et responsables politiques, notamment en Israël et dans les pays occidentaux qui considèrent son positionnement comme trop radical. En août et septembre 2025, elle a été impliquée dans la flottille Global Sumud, destinée à acheminer de l'aide humanitaire à Gaza malgré les interdictions israéliennes. Cette flottille a été interceptée par les forces israéliennes, et ses participants – dont Greta Thunberg – ont été brièvement arrêtés avant d'être expulsés vers l'Europe.

L'engagement propalestinien de Thunberg s'inscrit dans une tradition de désobéissance civile non violente. Elle a souvent été arrêtée lors de manifestations : en Norvège pour avoir bloqué des raffineries pétrolières, en Allemagne pour des actions contre des mines de charbon, et maintenant à Londres pour son soutien à Palestine Action. Ce groupe, classé comme organisation terroriste par le Royaume-Uni et les États-Unis, mène des actions de sabotage contre des entreprises israéliennes et des infrastructures militaires britanniques liées à l'État hébreu. Les autorités britanniques ont renforcé la répression contre ses sympathisants, ce qui explique l'arrestation de Thunberg.

Le contexte de l'arrestation

La manifestation londonienne s'est déroulée devant le tribunal de Westminster, où sont jugés plusieurs militants de Palestine Action accusés de complot en vue de causer des dommages criminels. Greta Thunberg, vêtue de son habituel sweat à capuche, brandissait une pancarte où l'on pouvait lire : « Libérez les prisonniers palestiniens. La résistance est légitime. » La police métropolitaine a confirmé l'arrestation de six personnes pour trouble à l'ordre public, dont la militante suédoise. Après son arrestation, elle a été conduite au poste de police de Charing Cross pour y être interrogée. Ses proches ont indiqué qu'elle était en bonne santé et qu'elle serait bientôt relâchée sous caution.

Cette action survient alors que le Royaume-Uni connaît une recrudescence des manifestations propalestiniennes. Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Londres pour exiger un cessez-le-feu et la fin des livraisons d'armes à Israël. Le gouvernement conservateur de Rishi Sunak – puis travailliste de Keir Starmer – a tenté de durcir la législation contre les manifestations jugées extrémistes, notamment en élargissant la définition du terrorisme. Palestine Action a été interdit en juillet 2025, et ses soutiens encourent désormais des peines de prison pouvant aller jusqu'à 14 ans.

Les réactions à l'arrestation

L'arrestation de Greta Thunberg a suscité une vague de commentaires sur les réseaux sociaux. Ses partisans y voient une preuve de son courage et de son engagement pour les droits humains, tandis que ses détracteurs l'accusent de faire le jeu du Hamas. Le porte-parole de la communauté juive britannique a estimé que Thunberg « devrait se concentrer sur le climat plutôt que de soutenir des groupes violents ». De son côté, l'ambassadeur d'Israël au Royaume-Uni a déclaré : « Greta Thunberg s'est trompée de combat. Sa naïveté est exploitée par des organisations terroristes. » En revanche, des ONG comme Amnesty International ont exprimé leur solidarité, rappelant que la liberté d'expression inclut le droit de protester contre l'occupation israélienne.

La jeune militante n'en est pas à sa première controverse. En 2023, elle avait été critiquée pour avoir posé avec une pancarte en faveur des Palestiniens lors d'une manifestation à Stockholm. Elle avait alors répondu : « Le mouvement climatique ne peut pas ignorer les injustices mondiales. Le dérèglement climatique et l'oppression sont liés. » Depuis, elle a multiplié les actions de solidarité, participant notamment à des conférences de presse aux côtés de survivants de Gaza et appelant au boycott d'Israël.

Un parcours marqué par la désobéissance

Greta Thunberg a commencé son activisme à l'âge de 15 ans, en 2018, en faisant la grève de l'école devant le Parlement suédois. Son mouvement « Fridays for Future » a mobilisé des millions de jeunes à travers le monde, exigeant des gouvernements qu'ils prennent des mesures urgentes pour limiter le réchauffement climatique. Elle a été nommée plusieurs fois pour le prix Nobel de la paix et a reçu de nombreuses distinctions. Cependant, son style direct et son refus de compromis lui ont valu des inimitiés dans les cercles politiques et économiques. En 2019, elle a traversé l'Atlantique à la voile pour participer au sommet de l'ONU sur le climat, évitant ainsi l'avion, symbole de son engagement.

Depuis 2023, Thunberg a inclus la question palestinienne dans son discours. Elle a expliqué que l'urgence climatique ne peut être dissociée des crises humanitaires : « Ceux qui souffrent le plus du réchauffement sont souvent ceux qui souffrent déjà de l'oppression, comme les Palestiniens. » Cette position a divisé le mouvement écologiste. Certains groupes, comme Extinction Rebellion, l'ont soutenue, tandis que d'autres l'ont accusée de diluer le message climatique. Malgré les critiques, Thunberg persiste. En août 2025, elle a rejoint la flottille « Global Sumud » qui tentait de briser le blocus de Gaza. Le bateau a été arraisonné par la marine israélienne, et elle a été arrêtée avec d'autres militants. Après une détention de quelques heures, ils ont été expulsés vers Chypre. Thunberg a alors déclaré : « Nous continuerons à dénoncer le blocus illégal et la guerre génocidaire contre le peuple palestinien. »

L'arrestation à Londres s'inscrit dans cette continuité. La militante semble prête à assumer les conséquences juridiques de ses actes pour faire avancer ses convictions. Ses avocats ont déjà annoncé qu'ils contesteraient la légalité de son arrestation, arguant que la manifestation était pacifique et que l'interdiction de Palestine Action est une restriction disproportionnée à la liberté d'expression. Le procès de Thunberg, s'il a lieu, pourrait devenir un nouveau symbole de la résistance civile face à la répression des mouvements propalestiniens.

Cette affaire relance le débat sur le rôle des figures publiques dans les causes controversées. Pour certains, Thunberg risque de nuire à sa crédibilité en s'impliquant dans un conflit aussi complexe que le conflit israélo-palestinien. Pour d'autres, au contraire, elle montre que la justice climatique est indissociable de la justice sociale et politique. Quoi qu'il en soit, son arrestation a attiré l'attention des médias internationaux, braquant les projecteurs sur le sort des prisonniers palestiniens et sur les limitations de la liberté d'expression au Royaume-Uni.


Source:Ouest-France.fr News


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