La sortie d'Enola Holmes 3 sur Netflix a immédiatement propulsé le film en tête du top 10 mondial de la plateforme. Ce succès confirme l'emprise de Millie Bobby Brown sur le grand public, mais aussi la force d'une franchise qui place les femmes au centre du récit. Interrogée par ComicBook à l'occasion de la promotion du film, l'actrice a livré une réponse cinglante à la question qui taraude les fans : Henry Cavill, qui incarne Sherlock Holmes dans la saga, mérite-t-il son propre spin-off ?
« Je pense qu'on a besoin de plus de femmes à l'écran, donc peut-être pas. Je pense qu'on a déjà eu ça. Les hommes ont eu leur heure de gloire, et pour moi, il faut désormais davantage d'Enola et mettre plus de femmes à l'écran », a déclaré Millie Bobby Brown. Une phrase qui résonne bien au-delà d'un simple débat sur un spin-off. Elle résume la philosophie même de la franchise Enola Holmes, adaptée des romans jeunesse de Nancy Springer. Depuis le premier film sorti en 2020, l'héroïne adolescente a su imposer sa voix dans l'ombre de son célèbre frère.
Les racines d'une saga féministe
L'univers d'Enola Holmes ne se contente pas de revisiter l'Angleterre victorienne. Il utilise le personnage de la jeune sœur de Sherlock pour explorer des thématiques liées à l'émancipation féminine, à la justice sociale et à la liberté de choisir son destin. Millie Bobby Brown, qui produit également les films, a toujours insisté sur cet aspect. Dans le premier opus, Enola fuit sa mère pour échapper à un pensionnat strict et résout sa première enquête. Le second volet, en 2022, la voit ouvrir sa propre agence de détective et affronter le patriarcat incarné par un industriel corrompu. Le troisième film, désormais disponible, poursuit cette veine avec de nouveaux personnages féminins forts.
Le refus d'un spin-off centré sur Sherlock n'est donc pas une surprise pour ceux qui suivent la carrière de l'actrice. Depuis ses débuts dans Stranger Things, Millie Bobby Brown a construit une image de jeune femme engagée, n'hésitant pas à prendre position pour l'égalité des genres. Son personnage d'Eleven, dans la série de science-fiction, était déjà une icône d'empowerment. Aujourd'hui, avec Enola, elle va plus loin en plaçant la représentation des femmes au cœur de la narration.
Un carton mondial confirmé
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le premier Enola Holmes a été vu dans environ 76 millions de foyers durant ses quatre premières semaines d'exploitation, devenant l'un des films originaux Netflix les plus regardés de l'histoire. La suite a enregistré 64,08 millions d'heures visionnées dans 93 pays dès sa première semaine. Ces performances placent la franchise parmi les piliers de la stratégie de Netflix en matière de films familiaux et d'aventure. Avec ce troisième opus, le public semble répondre présent : le film a déjà atteint la première place du classement mondial, détrônant des productions récentes très attendues.
Le casting s'enrichit d'ailleurs de nouveaux visages. Dr. John Watson, interprété par Himesh Patel, apporte une dynamique inédite à l'équipe. On retrouve également Eudoria Holmes, incarnée par Helena Bonham Carter, la mère excentrique des frères et sœur Holmes, et Mira Troy, jouée par Sharon Duncan-Brewster, une détective privée qui pourrait bien devenir une alliée de poids. Ces ajouts témoignent de l'ambition des producteurs d'élargir l'univers sans pour autant le masculiniser.
Henry Cavill et la question du spin-off
Malgré la popularité d'Henry Cavill dans le rôle de Sherlock Holmes – beaucoup de fans le considèrent comme l'un des meilleurs interprètes récents du détective – Millie Bobby Brown coupe court à toute spéculation. « Les hommes ont eu leur temps », assène-t-elle. Cette position radicale peut surprendre, mais elle s'inscrit dans une tendance plus large à Hollywood : celle de donner la priorité aux voix sous-représentées. Cavill, qui a incarné Superman et Geralt de Riv, n'a aucun mal à trouver des projets. Néanmoins, l'idée d'un spin-off centré sur son personnage semble enterrée, du moins tant que Brown est aux commandes de la franchise.
Il faut dire que l'alchimie entre les deux acteurs fonctionne parfaitement dans les films. Sherlock y est montré comme un frère distant mais bienveillant, qui apprend à respecter l'indépendance de sa sœur. Leur relation évolue au fil des épisodes, et dans le troisième opus, quelques scènes clés renforcent cette dynamique. Mais pour Brown, l'histoire d'Enola doit rester la priorité. « Il faut désormais davantage d'Enola », insiste-t-elle, comme un mantra qui guide la saga depuis ses débuts.
Un contexte de représentation en évolution
La déclaration de Millie Bobby Brown intervient dans un contexte où l'industrie du divertissement est de plus en plus attentive à la diversité des récits. De nombreux spin-offs masculins ont été produits ces dernières années, de John Wick à Fast & Furious, en passant par Star Wars. Pourtant, les franchises portées par des femmes peinent encore à obtenir des ramifications équivalentes. En refusant un spin-off Sherlock, Brown ne s'oppose pas à la popularité d'Henry Cavill, mais milite pour un rééquilibrage. Elle souhaite que le public continue de s'identifier à une héroïne adolescente, intelligente et déterminée, plutôt que de retomber dans les schémas traditionnels où l'homme sauve la mise.
Cette prise de position a déjà suscité de vifs débats sur les réseaux sociaux. Certains fans expriment leur déception, espérant voir plus de Cavill dans l'univers Holmes. D'autres saluent le courage de l'actrice de rester fidèle à ses convictions. Quoi qu'il en soit, cette polémique n'a pas nui au succès du film. Enola Holmes 3 est disponible depuis quelques jours sur Netflix, et tout porte à croire qu'il continuera de battre des records. La saga a prouvé qu'elle pouvait exister sans dépendre d'un spin-off masculin, et c'est probablement là sa plus grande force.
Avec un ton résolument moderne et des thématiques actuelles, Enola Holmes s'impose comme une référence du cinéma jeunesse féministe. Millie Bobby Brown, à seulement 21 ans, a déjà marqué l'industrie de son empreinte. Son refus catégorique d'un spin-off pour Sherlock n'est pas un caprice, mais une déclaration politique. Et si l'on en juge par l'accueil réservé au troisième film, le public est prêt à suivre Enola plutôt que son célèbre frère.
Source:MSN News
